Articles

Affichage des articles associés au libellé hommes

[Lectures] En voie de coffinisation assumée ?

Image
En cette période de jachère sexuelle et plus largement d'éloignement des sites de rencontres, je consacre une bonne partie de mon temps à la lecture. De ce temps que je perdais à poursuivre des conversations sans intérêt ou, à tout le moins, sans lendemain. Et cet hiver, j'ai décidé de suivre l'exemple d'Alice Coffin (et de bien d'autres) en ce qui concerne mes lectures*. Je ne lis que des œuvres écrites par des femmes. Dernière récolte chez mes libraires préférées (oui, même mes libraires sont des femmes !) : Lectrice boulimique depuis le cours préparatoire, j'ai bien dû lire des milliers de livres. Et si j'en crois les statistiques , une majeure partie d'entre eux avait été écrit par des hommes. Il est donc grand temps que je comble mes lacunes. Quand je pense que je n'ai découvert Nina Bouraoui, Chloé Delaume ou Virginia Woolf que ces derniers années, j'en rougis de honte. En bonus, je vous livre le merveilleux podcast d'ARTE Radio consac...

Je suis juste moi !

Image
Xavier de La Porte, dans sa chronique   "Êtes-vous sapiosexuel ? : comment l'informatique nous incite à tout nommer"  dans La vie numérique sur France Culture s'interrogeait en 2017 sur cette obsession, largement répandue sur les sites de rencontres, à catégoriser les individus selon leur orientation et pratiques sexuelles.    ©  Vivian Shih A travers l'exemple de la revendication de certain.e.s de leur sapiosexualité*, il met en lumière ces étiquettes avec lesquelles nous sommes sommé.e.s nous définir pour atteindre le match parfait.  Ce n’est pas pour rien que ce terme est apparu à l’ère numérique, et sur un site de rencontre. En effet, c’est un trait caractéristique de l’informatique de nous obliger à tout classer. C’est comme ça que fonctionnent les ordinateurs, avec des bases de données. Ainsi, la rencontre amoureuse, quand elle est prise en charge par l’informatique, devient un problème de base de données, donc de nomination. Et plus on veu...

[ARCHIVE] La forteresse assiégée

Image
En rangeant des tiroirs, je suis tombée sur un vieux carnet. Il ne contenait que quelques pages écrites il y a 13 ans. Un an auparavant, je quittais mon compagnon avec qui j'avais partagé 12 années de vie commune. Je ne m'étendrai pas sur ces 12 années. Il suffit de savoir que les 3/4 furent une erreur. La séparation fut rude. Après une espèce de sidération teintée d'un pseudo chagrin, il a pété un câble et m'a harcelée pendant 18 mois. 18 mois où il m'a espionnée et suivie en quasi permanence, invectivé, menacée mes proches, durant lesquels il a piraté mon ordinateur, défoncé la porte de mon immeuble... Le seul but de sa vie semblant être de me " pourrir la vie jusqu'à ce que [je] crève ".  Après la séparation, il avait appris que je l'avais brièvement trompé, 8 ans avant mon départ. Cette "infidélité" ne constituant donc pas le motif de ma fuite. C'est cet incident de parcours et mon choix de vivre une liberté sexuelle qu'il n...

Mise à jour

Image
 Après un mois de réflexion, j'envisage un nouveau profil Tinder à la hauteur de mes exigences.

Tout pour moi, tout pour toi, rien pour eux

Image
Quand le mec avec qui j'avais entamé une relation légère, paisible et agréable, ponctuée de discussions intéressantes et d'escapades à la plage (le Graal, n'est ce pas ?), a mis un terme à celle-ci au bout d'un petit mois en m'affirmant que "tu as vraiment tout pour toi, pour rendre un homme heureux", j'ai juste eu envie de pleurer, puis de lui mettre ma main dans la figure. Mais j'ai pleuré, parce que je suis non violente par nature et par principe. Et qu'au fond, je l'aime bien cet homme. Il me touche avec sa sincérité et ses mots simples. Je suis même sûre que l'on pourrait devenir d'excellents amis. Oui, parce qu'à butiner ainsi depuis des années, j'ai particulièrement élargi mon cercle amical (et ma playlist, c'est l'avantage d'être éclectique !). Voilà donc un héros qui a réussi le triple exploit de 1°) dormir chez moi et partager mon petit déjeuner 2°) me faire cuisiner pour agrémenter une soirée partagée ...

Coaching à 2 balles

Image
C'est dingue tous ces hommes qui nous donnent des conseils pour attirer l'attention de leurs congénères et surtout la conserver. Le marché du coaching a trouvé une nouvelle niche pour âmes féminines désespérées ! Je ne m'attarderai même pas sur la vacuité des conseils donnés. Ce qui me stupéfie, c'est qu'il faudrait maintenant payer pour soi-disant comprendre ces messieurs et que c'est encore sur nous que repose la charge de les rendre amoureux, de les aider à s'attacher et de rendre la relation épanouissante. Donc, plutôt que de "coacher" les hommes pour leur apprendre à s'exprimer, dépasser leur trouille et déconstruire leurs stéréotypes, il faudrait que nous nous collions encore au boulot ! Encore à nous de louvoyer dans leurs questionnements existentiels, comme si on n'avait pas assez à faire des nôtres, de faire preuve de roublardise pour ressembler à leurs attentes, de mettre notre sincérité dans notre poche, d'y aller à petits pa...

#MeeToo, cette nuit-là

Image
Hier soir, au détour d’une conversation chez une amie, en présence d’une copine à elle que je ne connaissais pas, j’ai parlé publiquement de cette nuit où j’ai moi aussi été violée.  Je n’en avais jamais parlé auparavant. Mis à part à mon psychanalyste, il y a un an ou deux. Je lui ai raconté cette nuit là et j’avais besoin qu’il me confirme que c’était bien un viol. Ce qu’il a fait. Je ne sais plus ce qu'il a dit précisément, mais cela a suffi pour que je me sente légitime à envisager cette nuit-là comme un viol. Et je n’en ai quasiment plus jamais reparlé en séance. Mais au fond de moi, j’ai depuis lors cette certitude, j’ai été victime d’un viol. Silencieux. Sans un mot. Sans coup. Sans menace. Sans même conscience que c’en était un. Juste un malaise persistant sur cette nuit-là depuis 15 ans. Et depuis 15 ans, une sensibilité toute particulière quand il est question de viol et de harcèlement. Un sentiment d’être tout personnellement concernée. Et une multitude de lectures d’ouv...

Quand arrête t'on de confondre les lumières d'une étoile et d'un réverbère ?

Image
J'avais 15 ans et j'écoutais cette chanson en boucle.  Je me souviens de cette chambre dans une maison de vacances à Aix en Provence avec une amie, du lecteur de K7 dont je ne cessais d'appuyer sur la touche rewind, de l'exaspération de mon amie qui n'en pouvait plus. Encore et encore... Je croyais que je vivais un chagrin d'amour, d'un amour qui n'avait jamais existé. 35 ans plus tard, je réécoute cette chanson et " c'est toujours le même film qui passe ". La chanson n'a pas pris une ride, moi si ! 😏 Et finalement, je constate que je n'ai pas appris grand chose depuis l'adolescence.  Devrais-je me désespérer de ce sur-place émotionnel ou me réjouir d'être restée celle que j'étais à 15 ans, utopiste, passionnée et entière, baudelairienne, pleine d'espoir mais sans illusion, avec une légère tendance à " confondre les lumières d'une étoile et d'un réverbère ", à osciller entre la comédie et la tragéd...

JE, JE, JE !

Image
Qui a dit que les hommes avaient des difficultés à parler... ? La plupart ne font que cela... Parler d'eux. Après quelques questions d'usage pour la forme, et sûrement pour vérifier qu'ils n'ont pas à faire à une cruche, c'est JE, JE, JE, JE...! Je sais tout de leur boulot, de leurs études, de leurs états d'âme, de leurs voyages, de leurs enfants (et parfois de leur femme ou de leur ex...), de leurs fantasmes (mon dieu, s'ils savaient...!), de leurs plats préférés... Ils me balancent leur petite vie banale (tout autant que la mienne j'en conviens) sans se demander un instant si cela peut m'intéresser. Et parce que je sais écouter, parce que je n'ai ni la force, ni la goujaterie de les interrompre par lassitude, je les écoute, je les lis. S'imaginent-ils que je converse tout en rangeant la vaisselle ou lisant les news sur Facebook ? Que j'invente des confcall en visio pour interrompre leur logorrhée narcissique ? Sous prétexte qu'il fa...

"J'ai rencontré quelqu'un"

Image
Cette petite phrase qui te met chaque fois un petit coup de canif au ventre, même si tu sais que ce n'était qu'un plan Q, même si sincèrement, ce n'était pas si wouah que ça, même si, même si.. Ego quand tu nous tiens ! C'est quoi ce petit coup de blues quand tu lis cette phrase sibylline que t'adressent les (rares) hommes qui ont le courage de t'envoyer une explication à une disparition soudaine ? Du dépit parce que tu n'as pas su les retenir malgré leurs déclarations enflammées sur vos ébats torrides ? De la lassitude parce que tu l'as tellement lu cette phrase ? De la jalousie parce que tu ne l'as jamais écrite cette phrase ? De l'amertume parce que tu sais que tu vas les retrouver quelques semaines plus tard sur Tinder ? Tu as envie de leur répondre : "Et moi, tu ne m'avais pas rencontrée ?" et tu penses : "Elle a quoi de plus l'Autre ?". Tu réalises que tu es un formidable passe-temps mais ô combien éphémère. C...

J-5, tous sur les starting blocks

Image
Quand d'un seul coup, après des semaines de calme relatif, ton smartphone vibre autant qu'un sextoy, tu as la confirmation que le confinement est sur le point de s'achever. Depuis 2 jours, les petites icônes WhatsApp et Telegram en haut de mon téléphone n'en finissent plus de s'afficher... - Coucou, tu vas bien ? - Hello, tout va bien pour toi ? Tu ne t'ennuies pas trop ? - Salut ! Petite pensée coquine... - Bonjour ma belle ! Comment vas tu ? - Alors, prête ? Alors que tu as passé 50 jours sans n'avoir quasiment aucune nouvelle de tes sexfriends, mis à part 2 ou 3 qui ont pris le soin de t'envoyer, qui des petits messages sympas et flatteurs, qui des vidéos un peu cochonnes mais drôles, voire avec qui tu as pu papoter, les autres avaient disparu du paysage. Ah non, j'oublie ceux qui ne te contactaient que dans l'espoir que tu combles leur frustration, lassés de YouPorn, et qui devaient se dire que La Passante allait se dévouait, telle la Madone ...

In the middle of the bed

Image
D’après une enquête de l’IFOP réalisée en 2015, 8% des personnes vivant en couple sous le même toit font chambre à part et elles sont autant à souhaiter avoir leur propre chambre (1). Ainsi, 84 % des personnes vivant en couple plébisciteraient le lit conjugal. C’est dire si le lit est LE symbole l’intimité du couple. 81 % des personnes interrogées définissent le lit comme « un lieu intime réservé à eux/elles seul.e.s et à son/sa conjoint.e ».  La sacralisation du lit conjugal L’enquête IFOP montre également que la tendance à faire chambre à part, ou à le souhaiter, augmente avec l’âge. Après le romantisme, le pragmatisme. Quand on sait que près d’un.e Français.e sur deux se plaint des ronflements de son/sa partenaire (pool position) et que la tendance à tirer la couverture ou prendre trop de place énervent respectivement 31 % et 23 % des interrogé.e.s, cette sacralisation du dormir ensemble confine au masochisme. Et d’autant plus pour les femmes qui sont bien plus nombreuses à...

Clin d'oeil (artistique) du jour

Image
" When you’re in bed thinking about all the dick you coulda gotten before the quarantine started " (" Quand tu es dans ton lit en pensant à toutes les bites que tu aurais pu pécho avant que la quarantaine ne commence ") by Miranda Tacchia Ma découverte du jour : les dessins de Miranda Tacchia ! Miranda Tacchia, dessinatrice et illustratrice américaine, travaille pour les plus grands studios de cartoons made in US. Mais elle a aussi une production artistique plus personnelle. Sur son compte Instagram, suivi par plus de 82 000 abonné.e.s, elle croque sa vie intime et celles de ses congénères à partir de dessins minimalistes et insolents, accompagnés de légendes hilarantes. "Working on kids’ cartoons by day 📺 and drawing titties by night  🤫" Inspirés du quotidien, ses dessins présentent des femmes toutes en courbes, féministes, décomplexées et qui n'ont pas froid aux yeux. Au lit comme sur les sites et applis de rencontres, les mecs en prennent...